« UN TROUBLE RECONNU PAR L'OMS » : BIXENTE LIZARAZU (55 ANS) MALADE, IL VIENT ENFIN DE CONFIRMER ET SES FANS SONT ASSEZ INQUIETS

À 55 ans, Bixente Lizarazu admet souffrir d'une addiction qui rythme ses journées. Jusqu’où cette maladie peut-elle bousculer son équilibre ?

À 55 ans, Bixente Lizarazu n’a rien d’un retraité tranquille. L’ex arrière gauche des Bleus enchaîne toujours les plateaux télé, les sorties surf sur la côte basque, le jiu-jitsu brésilien et les longues heures de vélo. L’image est celle d’un champion resté en parfaite santé, accro à l’effort et aux défis, comme à l’époque où il écumait les terrains avec l’équipe de France.

Derrière ce rythme effréné, l’ancien champion du monde 1998 a pourtant mis un mot sur son rapport extrême à l’exercice physique : une maladie liée à une addiction au sport. Il a confirmé souffrir de bigorexie, un trouble reconnu par l’Organisation mondiale de la santé et qui concernerait environ 15 % des pratiquants réguliers. Une réalité que le Basque assume désormais publiquement, à l'instar d'Arnaud Clément, le compagnon de la chanteuse Nolwenn Leroy.

Bixente Lizarazu : de la gloire de 1998 à la vie de sportif à temps plein

Héros discret du Mondial 98, Bixente Lizarazu s’est imposé dans le très exigeant Bayern Munich, où il découvre une autre culture du ballon rond. Il décrit souvent la ferveur d’outre-Rhin : "La passion est énorme en Allemagne, mais pas déraisonnée. Dans les stades, on ne se tape pas dessus. C’est convivial et familial. Dans ce pays, on a la culture du sport mais aussi de la victoire", a confié Bixente Lizarazu dans des propos rapportés par Melty.

Le défenseur résume aussi l’importance du résultat : "Si tu gagnes, tu rentres dans l’histoire. Ça dépasse d’ailleurs le foot. Si un type devient champion olympique de skeleton, un sport mineur, les gens le regarderont comme un dieu !", a-t-il ajouté. Cette exigence ne l’a jamais quitté : devenu consultant, il cumule les activités physiques, du surf où il a été sacré champion d’Europe vétérans au jiu-jitsu brésilien dont il est ceinture noire troisième degré, jusqu’à un mini-stage de survie en Corse. "Quand deux chemins se présentent à toi prends le plus difficile", s’est amusé le guide, selon Sports.fr, tandis que l’ancien latéral parlait de "cette parenthèse enchantée avant de retrouver sans transition l’actualité foot".

"Je préfère cette maladie à d'autres addictions" 

Dans son quotidien, le sport structure tout : vélo, surf, ski, combats au sol, séances en salle s’enchaînent. Ce besoin quasi permanent de bouger, Bixente Lizarazu le décrit lui-même : "C’est ma passion. J’ai trouvé mon équilibre comme ça. Le sport a été ma boussole toute ma vie. C’est vrai que je suis un peu excessif, il y a cette bigorexie, je le sais. Mais je préfère avoir cette maladie, entre guillemets, que d’autres addictions. Simplement, il faut que je sache la gérer", a expliqué Bixente Lizarazu lors d’un entretien avec Marc-Olivier Fogiel sur RTL.

Les spécialistes parlent de bigorexie pour qualifier cette dépendance sportive. Le terme recouvre une maladie reconnue par l’Organisation mondiale de la santé qui désigne une addiction compulsive à la pratique excessive du sport, au point de pouvoir mener à l’épuisement. Selon les chiffres cités dans la presse, elle toucherait près de 15 % des personnes qui s’entraînent très régulièrement, qu’il s’agisse de sportifs de haut niveau ou d’amateurs assidus.

  • obsession pour le physique, le poids et les performances ;
  • séances d’exercice qui passent avant le repos, la vie sociale ou familiale ;
  • journées organisées autour des entraînements ;
  • frustration intense ou malaise au moindre jour sans sport.

Une dépendance assumée que Bixente Lizarazu tente de canaliser

Chez d’anciens professionnels comme lui, la frontière est fine entre passion et excès. Ceux qui ont connu l’adrénaline des grands matchs et la rigueur des préparations peuvent chercher, une fois la carrière terminée, à retrouver ces sensations par une pratique à outrance. C’est ce que raconte Bixente Lizarazu : malgré le temps qui passe, il ressent toujours ce besoin viscéral d’effort, avec la volonté de rester au niveau de l’image qu’il s’est construite.

Il ne minimise pourtant pas ce que cela implique. Bixente Lizarazu explique préférer cette forme de dépendance à d’autres addictions comme l’alcool ou la drogue, tout en rappelant qu’elle nécessite une vigilance permanente pour préserver sa santé et son entourage. À 55 ans, il poursuit donc sa route entre plateaux télé, océan et tatamis, bien conscient que sa manière de vivre le sport, érigée en modèle par beaucoup, s’accompagne aussi d’un diagnostic qu’il doit apprendre à gérer au quotidien.

2025-12-08T12:40:29Z